Je suis Adriane. J'ai déjà paumé trousseaux de clés, parents et papiers d'identité, je suis toujours Adriane. Je parle de moi comme on parle d'une étiquette d'un dernier achat vestimentaire: ça vous gratte. Vous vous évertuez tant bien que mal à l'extirper, coriace, solide et robuste, désormais froissée, elle subsiste et vous gratte encore. Vous n'êtes évidemment pas en détention d'une paire de ciseau, ou bien même d'un cutter, d'un couteau ou bistouri, d'aucune éventuelle lame et ceci vous fâche. Se développe alors une irritation cutanée étendue, et vous grattez, grattez, gratter encore ! C'est du sang sur vos mains, votre peau sous vos ongles et mon rire en assonance. Vous grattez comme un chien affamé, creusez comme une taupe apeurée, et je ris, heureuse que je suis à vous regarder. Vous êtes beau, vous brillez, resplendissant. Ne vous peinez donc pas, il ne sert de courir, il ne sert de fuir, vous êtes si beau. Je suis la voix de vos entrailles, le bruit de vos faims, n'apparaît qu'à mon heure. Je suis attrape rêve et mes plumes vous enlève, et mon filet vous garde. Je suis cauchemard, vous êtes piégé.